1919-1938

Au bon vieux temps ....... c'était comme ça !!!

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Bourgade de quelques cinq à six cents habitants, notre  vieux village était une grande famille où chaque événement heureux où malheureux survenu dans un foyer était partagé par toute la population. Le tribut payé par Veigy à la terrible guerre de 1914-1918, fut très lourd; 36 tués sans compter les mutilés, les gazés et les malades. Le village entier partageait la douleur des familles. Et puis, la tourmente terminée, la vie reprit son cours normal. Outre les quelques quatre-vingts exploitations agricoles de toutes dimensions, Veigy conmptait: 8 cafés, 3 épiceries, une boulangerie, plus quelques artisans : maréchal-ferrant, charron, menuisier-charpentier, cordonnier, maçons, lavandières et couturières à la journèe, repasseuse, entrepreneurs de battage, distillateur et mécanicien.Notre village avait donc beaucoup d'animation !

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Comment vivait-on la mauvaise saison ?. Les hivers étaient rigoureux, l'Hermance gelait durant plusieurs semaines et servait de patinoire aux gamins. La neige tombait parfois en abondance et gênait la circulation. Le déneigement se faisait de plusieurs façons.La motrice du tram qui traversait le vilage était munie à l'avant de deux énormes madriers qui s'ouvraient tantôt à droite , tantôt à gauche suivant l'emplacement des rails. Ainsi ,à la pointe du jour, la route Veigy-Douvaine était dégagée. Dans la journée on utilisait le chasse-neige communal à traction animale. Il fallait quatre chevaux pour tirer le lourd engin. Les cantoniers, assistés d'un où deux propriétaires des attelages, participaient à cette opération de déneigement, dans une joyeuse ambiance car quelques riverains servaient du vin où une "gnole" à leur passage et en fin d'opération, il y avait parfois du "vent dans les voiles".

 

L'alambic :
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La monotonie de l'hiver était coupée par certains événements qui n'engendraient pas la morosité. Un des plus marquants était la période de la distillation. Chaque exploitant agricole jouissait depuis très longtemps du droit de " bouilleur de cru", c'est à dire qu'il pouvait faire vingt litres d'eau-de-vie sans payer de redevance. Cet avantage était héréditaire jusqu'en 1959, un certain ministre , grand buveur de lait supprimait alors, d'un coup de plume ce droit qui de ce fait, disparaît peu à peu. Malgré ce coup de "Jarnac", on continua et on continue à faire de l'alcohol en acquittant , évidemment, des droits de régie. Lorsque Monsieur LANCON commence sa campagne de distillation, les producteurs préparent le marc de raisins et  de pommes qui avait été soigneusement mis à l'abri de l'air et de la lumière à l'automne. Deux où trois emplacements pour la "machine à goutte" sont prévus dans le village, en principe à proximité d'un café qui sert de bureau pour les écritures et de salle d'attente pour les "clients" qui attendent leur tour. Certains ont apporté un bon saucisson qui sera cuit dans la chaudière avec le marc et qui les régalera tous dans une franche gaieté. L'enlevèment des bonbonnes s'effectuait vers 19 heures. Parfois, deux employés de la régie assistaient à cette opération. Sans véhicule, ces fonctionaires venant d' Annemasse, passaient par Genève et arrivaient en tram , qu'ils quittaient à la douane française. Quelquefois, la patronne du café du Platane les apercevant, envoyait vite quelqu'un prevenir les clients de la distilleuse, au cas où . . . ! ?.

La journée cochonaille:
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Un des jours très importants de l'hiver dans la plupart des familles, est la journée "cochonaille". Les gorets de quelques kilos achetés en septembre à la foire de Crête, bien soignés, bien nourris et atteignant un poids respectable,sont jugés bons pour le saloir. Deux où trois cultivateurs, après un bref apprentissage auprès de leurs anciens, sont devenus d'excellents charcutiers et vont de maison en maison , tuer le cochon. C'est une rude journée qui commence pour l'éxecuteur des "hautes oeuvres" et . . . pour la victime également !. Dès le lever du jour, l'on fait chauffer une grande quantité d'eau pour la toilette du porc qui, après avoir été abattu, sera immergé dans un baquet de bois à sa taille , décrassé et rasé. Commence ensuite le vrai travail du charcutier. Aidé des membres de la famille, il utilise tous les ingrédients préparés la veille par la ménagère : sel, poivre, cumin, laurier, clous de girofle, et procède à la fabrication des saucisses, atriaux, boudins, etc... Les plus beaux morceaux sont conservés dans le saindoux après avoir été légèrement "saisis" sur la cuisinière.Quelques rôtis sont donnés à des voisins qui les rendront le jour où ils feront "boucherie" à leur tour. En l'absence de congélateur, c'était une astuce pour manger plus longtemps du porc frais. Les bas morceaux et les jambons sont placés au saloir sur un lit de sel. Dans quelques semaines, les jambons seront retirés et mis à sécher au fumoir. L'opération saloir terminait souvent la journée de travail qu'une excellente fricassée d'atriaux clôturait dans la bonne humeur !. Bonne humeur également pour le traditionnel repas "fricasséé" du dimanche qui suivait la journée "cochonaille", où dans un "pêle" transformé en salle à manger se retrouvait toute la famille venue des deux côtés de la frontière !.

 (Echo de février 1992 - M. René DUJOUX)

 

 

 

 

 

                         

Horaires d'ouverture
Lundi au Vendredi : 8h30-12h et 14h-17h
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