La forge
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Comme tout village rural, Veigy avait sa forge, apanage depuis des générations de la famille Neury. Cette forge était située "chemin des plantées" en bordure de route où M. Bezel range actuellement son bois de chauffage. Une trentaine de mètres carrés représentait la surface de l'atelier. Pour palier cette éxiguité , il y avait des "dépendances inattendues". De l'autre côté de la route, s'alignaient en plein air, faucheuses, râteleuses, charrues et autres engins en attente de réparations. Le ferrage des chevaux se faisait le long du mur de la forge, des anneaux dont quelques uns sont encore visibles actuellement, étaient scellés dans le mur et servaient à attacher "les clients". L'arrière-train des chevaux empiétait sur la route et lorsqu'un véhicule important passait , on déplaçait l'animal. Veigy ayant compté jusqu'à quatre-vingt chevaux, il y avait de l'animation dans ce quartier, surtout en été.

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L'intérieur de la forge était très sombre et aucune place n'était perdue. Aux poutres noircies, étaient accrochés une quantité de fers de toutes pointures, l'établi était surchargé d'outils variés, contre les murs étaient alignés d'étroits rayons métalliques qui supportaient des boîtes de clous, de rivets,de vis, de mèches, etc... Au fond, un immense soufflet actionné à la main attisait un feu qui s'éteignait rarement.Enfin, au milieu de l'atelier trônait une imposante enclume qui sous les coups de marteau envoyait très loin des sonorités cristallines d'une grande pureté. De toutes les opérations effectuées à la forge, la plus captivante, pour nous autres gamins curieux, était le ferrage d'un cheval. le maréchal deferrait d'abord "le patient" et à l'aide d'un tranchet bien aiguisé, il "parait" le sabot en rognant la corne morte et en nettoyant l'intérieur. Ensuite, le fer neuf correspondant à la pointure du cheval était mis au feu. Tourné et retourné dans un foyer incandescent le fer ramolli devenait bientôt bon à être travaillé. Alors commençait un véritable "Son et lumière", le métal sorti du feu était vigoureusement martelé sur l'enclume qui accompagnait de sa joyeuse voix cristalline in impressionnant jaillissement d'étincelles qui illuminaient la sombre forge. Le fer brûlant était alors plaqué sur le sabot précédemment "paré" du cheval, une forte odeur de corne brûlée se répandait. Un dernier coup de lime ou de tranchet et le fer refroidi était alors cloué sur un sabot parfaitement lisse.

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Malgré un travail pénible, l'ambiance de la forge était fort sympathique. Très souvent le cultivateur qui avait amené son cheval et attendait son tour, allait chercher une "picholette" ou un demi de vin chez  "la Bretonne", le café voisin à cent mètres de là. C'était pour lui un moment de détente durant sa longue journéen on trinquait dans la bonne humeur, la satisfaction d'un travail bien fait et une franche amitié. Et puis, inéxorablement, le temps a suivi son cours, les derniers maréchaux-ferrants, Alphonse, Roger et joseph nous ont quittés, les chevaux ont disparu également, même les moineaux qui picoraient dans le crottin les quelques grains d'avoine échappés à la digestion se sont raréfiés, le feu s'est éteint, la joyeuse enclume est muette, la forge est morte. Seul nous reste le souvenir de ces modestes artisans heureux et fiers de leur travail, de ce quartier certainement le plus vivant de notre cher vieux village!.

Horaires d'ouverture
Lundi au Vendredi : 8h30-12h et 14h-17h
Jeudi : 14h-17h    |    Samedi : 9h-11h30
Mairie de Veigy-Foncenex
26 route du Chablais
74140 Veigy-Foncenex
tél: 04.50.94.90.11
fax: 04.50.94.82.01
mairie [at] veigy-foncenex.fr